Lutte biologique contre la cicadelle pisseuse

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en Polynésie française

Contexte

La necessité de contrôler les cicadelles pisseuses en Polynésie française était indispensable et urgente. En limitant la population de la peste, de nombreuses nuisances peuvent être évitées (pression humaine, propagation potentielle, établissement de Xylella..).

Une analyse des différentes options de contrôle possibles a été mandatée par le Ministère de l'Agriculture de Polynésie française en 2003. La méthode de lutte biologique est apparue comme le moyen de contrôle le plus efficace et permanent pour réduire la densité de la cicadelle pisseuse.

En 2004, un programme de lutte biologique classique contre la cicadelle pisseuse a été mis en oeuvre. Ce programme est mené par l'Université de Californie (Berkeley et Riverside) via la station Richard B. Gump à Moorea en collaboration avec le Service du Développement Rural de Polynésie française.

- Objectif

L'objectif de ce programme est de réduire les populations de cicadelle pisseuse à Tahiti et Moorea en introduisant son ennemi naturel le parasitoïde Gonatocerus ashmeadi et en évaluant au préalable l'impact potentiel de ce parasitoïde sur la faune indigène locale.

- Protocole

Un protocole expérimental rigoureux a été retenu pour mener à bien ce programme. Il comprend trois composantes principales.
       
1) Etudes préliminaires

Les études préliminaires de la peste (analyse quantitative, répartition, dégats, variation saisonnière...), de l'agent de lutte (spécificité, adaptabilité au milieu, contraintes d'élevage) et de la faune locale non visée (risques collatéraux, espèces menacées) sont des étapes indispensables avant l'introduction d'une espèce exotique dans un nouveau milieu. Ces études offrent aux décideurs politiques des outils de décision pour autoriser ou non une telle introduction.

2) Lâchers du parasitoïde
Le lâcher de parasitoïde correspond à l'action de lutte proprement dite. Cette étape implique l'élevage préalable de l'agent de lutte en quarantaine, sa production de masse et l'élaboration d'une stratégie de lâcher sur les zones infestées pour optimiser l'efficacité de la lutte.
       
3) Suivi de l'impact

Enfin, les suivis de l'impact du parasitoïde sur la peste, mais aussi sur la faune locale sont des composantes essentielles d'un programme de lutte biologique. Les données enregistrées permettent de connaitre avec précision l'efficacité du parasitoïde, son taux de parasitisme et son action sur la population de la peste, dans le but de perfectionner ou corriger la stratégie de lutte. La connaissance de l'impact du parasitoïdes sur les espèces non ciblées permet d'évaluer le coût écologique de la lutte.

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Jérôme N. Petit © juillet 2006 - Gump station